8è African Leadership Conference: Nécessité d’une approche spatiale africaine coordonnée

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La 8ème Conférence africaine sur les sciences et technologies spatiales au service du développement durable (African Leadership Conference), tenue en décembre dernier à Addis Ababa (Ethiopie) et à laquelle a pris part l’Algérie, a souligné la nécessité de créer une plate-forme consultative pour engager les Etats membres à l’élaboration d’un plan de mise en œuvre de la politique spatiale africaine.

Intervenant lors de cette rencontre, inscrite sous le thème «Perspectives et défis du développement de l’espace en Afrique», le directeur de la Commission des ressources humaines, de la science et de la technologie de l’Union africaine (UA), Mahama Ouedraogo, a souligné la nécessité de déployer des efforts concertés entre les pays africains pour développer des programmes spatiaux viables, ce qu’il a décrit comme rare dans la plupart des pays membres de l’UA. «Nous avons vu à quel point les programmes spatiaux ont souffert de l’absence d’une approche coordonnée qui produirait des résultats en termes de savoir-faire, de ressources et de gestion», a déclaré M. Ouedraogo.
D’autres intervenants ont relevé un «manque d’engagement politique et de stratégie spatiale qui entravent le développement de la technologie des sciences spatiales en Afrique», à l’image du directeur général de l’Institut éthiopien des sciences et technologies spatiales, Solomon Belay, qui relève que le développement spatial africain a été confronté «à de nombreux défis, notamment le manque de sensibilisation, de politique et de stratégie spatiales ainsi que d’engagement politique des dirigeants».
M. Belay a souligné le vif intérêt du gouvernement d’Ethiopie, qui lancera incessamment son tout premier satellite, à collaborer davantage avec les autres pays africains ainsi qu’avec les agences spatiales en exploitant au mieux le potentiel des technologies spatiales. L’Éthiopie développe actuellement le tout premier satellite du pays, un satellite de télédétection multi-spectrale de 70 kg, appelé ETRSS-1, grâce au soutien du gouvernement chinois.
De son côté, l’Algérie, représentée par une délégation de l’Agence spatiale algérienne (ASAL), a contribué à cette conférence par la présentation de deux communications en l’occurrence la responsabilité du leadership dans la supervision de la gestion, du suivi et de l’évaluation du programme et une autre sur les récentes activités du programme spatial national. Il est à relever que l’Algérie a procédé à la mise en orbite, depuis le lancement en 2002 de son premier satellite Alsat-1, de cinq autres satellites, dont le dernier en date est Alcomsat-1, dédié aux télécommunications.
La délégation de l’ASAL a pris part à plusieurs rencontres, dont celle organisée par le Directeur de la Commission de l’Union africaine des sciences et technologies du département des Ressources Humaines sciences et technologies (HRST), durant laquelle elle a sollicité les pays africains membres de proposer un mécanisme d’appui scientifique à l’UA dans le cadre de l’élaboration et de la mise en œuvre du programme spatial africain.

Série de résolutions pour promouvoir le secteur spatial africain

A l’issue des travaux de la Conférence, les experts ont adopté une série de résolutions parmi lesquelles le changement de la dénomination «African Leadership Conference- ALC» en «African Space Leadership Congress-ASLC», l’adoption d’une constitution provisoire de l’ASLC pour une durée de deux ans, le retour à une conférence/congrès tous les deux ans au lieu de tous les ans tel qu’adopté lors de la 7ème conférence tenue à Abuja (Nigeria) en 2018 et l’acceptation de la candidature de l’Afrique du Sud pour l’organisation de la 9ème conférence en octobre 2021 à Durban.
Les pays membres ont, également, décidé de la création du Forum des femmes de l’ASLC ainsi que d’œuvrer à encourager les collaborations et partenariats intra-africains dans les sciences et technologies spatiales. En outre, les pays africains se sont engagés à mettre tout en œuvre pour la création d’une industrie spatiale dans le continent. Les participants ont décidé, aussi, d’accroître la participation et la représentation des jeunes à l’ASLC, exhortant le Forum des jeunes à établir un programme d’action qui sera adopté lors de la prochaine assemblée (9e ASLC) en 2021, en veillant à ce que les jeunes jouent activement un rôle dans la mise en œuvre de la politique et de la stratégie spatiales africaines.
Depuis la création de l’African Leadership Conference en 2005 par l’Algérie (Agence spatiale algérienne), l’Afrique du Sud (South African National Space Agency), le Nigeria (National Space Research and Developement Agency) auxquels se sont joints le Kenya (Kenyan Satellite Agency), le Ghana (Ghana Space Science and Technology Institute) et l’Egypte (Agence Spatiale Egyptienne), cette instance a œuvré à «une meilleure compréhension de l’importance et de la place des technologies spatiales dans le développement socio-économique». Elle a œuvré également au renforcement des capacités lié à l’exploitation de ces technologies dans la mise en œuvre des projets de développement, à la mise en place d’un cadre juridique africain, concrétisé par l’adoption par le sommet des Chefs d’Etat de l’Union africaine de la politique et de la stratégie spatiales africaines.
Enfin, cette 8ème conférence a enregistré la participation de plus de 290 participants issus de 28 pays, dont 18 d’Afrique (Algérie, Afrique du Sud, Botswana, Cameroun, Tchad, Côte d’Ivoire, Egypte, Ethiopie, Gabon, Ghana, île Maurice, Kenya, Nigeria, Rwanda, Sénégal, Togo, Zambie et le Zimbabwe). Cette édition a également enregistré la participation d’organisations internationales et régionales telles que la Commission de l’Union Africaine et le Bureau des Affaires Spatiales de l’ONU. Les travaux de la conférence s’articulaient autours de thématiques spécifiques, en adéquation avec les besoins des pays africains. Le programme comprenait neuf sessions plénières et deux sessions parallèles dédiées aux jeunes africains en vue de promouvoir l’innovation et d’encourager la création de réseaux de collaboration pour le lancement d’initiatives dans le domaine des sciences et technologies spatiales.

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