Algeria Disrupt 2020: Les mécanismes financiers promis, concrétisés

by admin

Les startups et porteurs de projets innovants en Algérie viennent de bénéficier de plusieurs mesures et mécanismes financiers et administratifs promis par les pouvoirs publics afin de leur permettre de concrétiser leurs idées et innovations. Parmi ces mécanismes figurent un Fonds national pour le financement des startups, un nouveau système déclaratif au profit des porteurs de projets et la création prochaine d’un compartiment de financement dédié aux startups au sein de la Bourse d’Alger. Organisée au Centre international des conférences à Alger, «Algeria Disrupt 2020» a été rehaussée, également par la présence du Premier ministre, Abdelaziz Djerad, et des membres du gouvernement, ainsi que par un millier de participants qui ont pris part à ce rendez-vous, entre startups, incubateurs, représentants d’institutions gouvernementales et financières, opérateurs économiques, experts, associations, universités et centres de recherches.
Il est à relever que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’est engagé en décembre 2019, lors de sa visite à la Foire de la production nationale, quelques jours seulement après son investiture en tant que président de la République, de mettre en place des mécanismes et mesures en faveur des startups pour booster l’économie nationale.
Chose faite. Le 3 octobre 2020, soit une dizaine de mois après sa promesse, le chef de l’Etat a annoncé, lors de la conférence nationale des startups «ALGERIA DISRUPT 2020», le lancement officiel de ces mécanismes et mesures tant attendus par les startups et autres micro-entreprises et porteurs de projets innovants.

Lancement du Fonds national pour le financement des startups
C’est le président Tebboune qui a, lui-même, annoncé le lancement officiel du Fonds national pour le financement des startups dont le mode de fonctionnement se distinguera par une «flexibilité» et une «tolérance aux risques».
Intervenant à l’ouverture de cette conférence nationale des startups, le chef de l’Etat a affirmé que ce nouveau mécanisme de financement permettra aux jeunes porteurs de projets d’»éviter les banques et la lenteur bureaucratique qui en découle, à travers cet outil qui se distinguera par la flexibilité dont ont besoin les startups».
Ce Fonds, qui sera financé par l’Etat, demeurera «ouvert au secteur privé et les sociétés étrangères qui souhaiteraient y contribuer financièrement», a-t-il souligné, tout en formulant son vœu de voir les projets soumis au Fonds de financement des startups se concrétiser dans «les plus brefs délais et que tous les problèmes soulevés doivent être réglés dans un délai de deux mois».
Dans ce sens, le Président Tebboune a réitéré son engagement d’éradiquer «définitivement» les pratiques bureaucratiques qui ont privé les meilleurs de nos enfants de concrétiser leurs projets et de réaliser leurs rêves et poussé nombre d’eux à l’émigration, assurant, par là même, que «l’ère des entraves administratives et bureaucratiques est révolue».
Après la création d’un ministère délégué chargé de l’Economie de la connaissance et des startups et la mise en place d’un cadre juridique définissant le statut d’une startup et les avantages accordés à ce type d’entreprises, la création de ce fonds entre dans le cadre de la volonté de l’Etat d’accompagner l’émergence de champions nationaux de l’économie, ont relevé de leurs côtés des intervenants lors de cette rencontre.
Pour sa part, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a insisté sur le fait que le développement des startups constitue désormais un axe fondamental de la politique du gouvernement.
Les investisseurs privés ont également un rôle à jouer dans le soutien des startups, comme l’a souligné le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane.
Pour les spécialistes et experts, les investisseuses et grandes entreprises privées doivent prendre l’initiative et le risque de soutenir des startups qui peuvent se développer et générer des bénéfices après avoir intégré le marché national avec leurs produits ou prestations, voire même les marchés internationaux.
Les représentants de startups et les porteurs de projets ont estimé, à cette occasion, qu’un nouvel espoir est né du fait de la mise en place de ce fonds national tout en souhaitant voir se concrétiser un encadrement efficace de leurs projets.
«Les startups ne peuvent se lancer qu’à travers un financement de leurs projets et d’un accompagnement technique pour pouvoir finaliser leurs innovations et permettre leur commercialisation», confie à IT Mag un membre du club CELEC de l’Université Houari Boumediene de Bab Ezzouar (Alger).
Lui emboitant le pas, un gérant d’une startup de services informatique a estimé que la création de ce fonds national de soutien aux startups est une aubaine pour les micro-entreprises et porteurs de projets, tout en exprimant le souhait de voir les entreprises publiques et privées les accompagner dans la concrétisation effective de leurs idées et projets innovants.

Nouveau système déclaratif au profit des porteurs de projets
Le président Tebboune a annoncé également l’adoption d’un nouveau système déclaratif au profit des porteurs de projets innovants leur permettant de lancer leurs activités avant l’obtention du registre de commerce.
Il a soutenu dans ce cadre que la concrétisation de cet engagement «se traduira par l’adoption d’un nouveau système déclaratif au profit des porteurs de projets innovants leur permettant de concrétiser leurs idées loin de toute entrave».
Il a ainsi expliqué qu’»il suffit à toute personne souhaitant créer une start-up de le déclarer et une fois la production lancée, elle devra obtenir le registre de commerce», a indiqué le président de la République.
Il a mis en avant, à ce propos, les incitations fiscales introduites au titre de la loi de finances complémentaire au profit des startups, en sus des différentes facilitations relatives à l’accès au foncier pour la réalisation des incubateurs et des accélérateurs, au vu de l’importance de ces structures en matière d’accompagnement des startups.
Outre la création d’un label «Startup», «Incubateur» et «Projet innovant» qui seront attribués après la mise en place du Comité national de labellisation, le ministre délégué a fait part à cette occasion de la création d’accélérateur avec le ministère de l’Energie et Sonatrach qui donnera la possibilité aux porteurs de projets d’accéder à des mécanismes d’accompagnement, de coaching, de formation et de financement qui sera effectif à partir du 1er novembre prochain au niveau du site technologique des Grands Vents (Ouled Fayet) à Alger et qui portera le nom «A-Venture» (Algeria Venture).

Création d’un compartiment de financement au sein de la Bourse d’Alger

Intervenant lors de cette conférence, le président de la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (COSOB), Abdelhakim Berrah, a annoncé la création prochaine d’un compartiment de financement dédié aux startups au sein de la Bourse d’Alger.
Ce compartiment sera créé en collaboration avec des banques et acteurs de la place financière ainsi qu’avec le ministère délégué de l’Economie de la connaissance et des startups, a-t-il ajouté.
«Nous sommes en phase de création de ce compartiment dédié aux startups au sein de la Bourse d’Alger, où des entreprises ayant atteint une certaine maturité et stabilité financière peuvent venir solliciter et relever des financements», a fait savoir M. Berrah, précisant que les entreprises qui parviendront à ce niveau-là auront plus de visibilité et la garantie d’une notoriété nationale et internationale.

Le président de la COSOB a indiqué que ce compartiment sera appelé «le compartiment d’excellence».
Le financement participatif à travers le nouveau fonds mis en place pour soutenir les projets innovants est «primordial», a relevé le président de la COSOB, tout en faisant état de la création d’une plateforme numérique gérée par un conseiller en financement participatif agréé par la COSOB et qui organise la collecte de fonds auprès des investisseurs particuliers ou institutionnels intéressés et qui croient au potentiel de la startup algérienne.
Mettant l’accent sur l’aspect formation, le président de la COSOB a indiqué en outre que des partenariats ont été concrétisés avec des instituts de formation nationaux et internationaux pour accompagner les créateurs de startups.

D’autres mesures et avantages pour la promotion de l’écosystème des startups
Outre ces mécanismes, le secteur des startups sera renforcé, a fait savoir pour sa part le ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de l’Economie de la connaissance et des start-up, Yacine Oualid, par un certain nombre de mesures qui seront prises pour la promotion de l’écosystème des startups, assurer un meilleur encadrement réglementaire et asseoir des mécanismes de financement et des structures d’accompagnement tels que les incubateurs et accélérateurs.
Le ministre délégué a rappelé, à cette occasion, les dispositions prises dans le cadre de la loi de finance complémentaire 2020 dont la mise en place du système de financement participatif qui assure aux créateurs des startups les moyens d’accéder au financement de manière plus flexible et adapté.
Il a rappelé également les avantages fiscaux concédés par l’Etat pour les entrepreneurs qui lancent des startups telles que la suppression des taxes (TVA, TAP et l’IBS) dans le but d’orienter les efforts de ces créateurs vers l’innovation.
En collaboration, notamment avec le ministère de la Justice, le département ministériel chargé de l’économie de la connaissance et des startups compte aussi enrichir, selon le ministre délégué, l’aspect réglementaire portant sur la forme juridique des sociétés de type startup.

Un fonds de 2 milliards de dinars
Evoquant le fonds dezstinés aux startups, il a expliqué que ce mécanisme de financement agira en tant que fonds d’investissement et capital-risque qui va permettre d’apporter des fonds propres en faveur des projets innovants à fort potentiel de croissance.
La création de ce fonds appelé ASF (Algerian Start-up Fund) est le fruit d’un travail de collaboration entre le ministère délégué de l’Economie de la connaissance et des start-up et de six entreprises publiques (Sonatrach, BDL, CPA, BEA, BNA, Cnep-Banque).
Il est géré par un conseil d’administration et est doté de plus de deux milliard de dinars de capital.

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