Algérie Télécom Satellite

by Rachid B.

L’opérateur public Algérie Télécom Satellite (ATS) a réalisé en 2018 un chiffre d’affaires de 7,1 milliards de dinars, en hausse de 18% par rapport à 2017, et ce grâce au lancement de projets d’envergure nationale dont ceux du e-éducation et e-santé et la promotion de l’internet résidentiel par satellite.

L’entreprise confirme sa dynamique de progression avec un chiffre d’affaires en hausse enregistré pour l’année 2018, et ce «malgré un climat économique compliqué et peu favorable à la croissance», a-t-on appris auprès de l’entreprise, filiale du Groupe Télécom Algérie.
Pour son exercice 2018 clos le 31 décembre, Algérie Télécom Satellite a, ainsi, enregistré un chiffre d’affaires de 7 104 827 302.05 DA contre 6 011 826 186.03 DA, lors du précédent exercice, soit une croissance de 18,18 % par rapport à l’exercice 2017 et plus de 110 % par rapport à l’exercice 2016, avec un résultat brut de plus de 1 787 010 000 DA, représentant une progression de rentabilité de 42% par rapport à 2017, et 6000 % par rapport à 2016, selon un document bilan d’ATS intitulé «ATS où l’histoire de l’ascension d’une entreprise publique vers la réussite…» et dont ITMAG a obtenu une copie.
Ces chiffres représentent une marge de progression «assez spectaculaire» pour l’entreprise, notamment lorsque l’on se réfère au chiffre d’affaires enregistré au cours des précédentes années (depuis sa création en 2006 jusqu’en 2016), qui avoisinait la constante «des plus ou moins 3 milliards de dinars annuellement».
ATS a également augmenté «considérablement» le taux d’encaissement et le taux de recouvrement. Elle est, ainsi, arrivée à diminuer la durée d’encaissement (trois mois tout au plus). Le taux d’encaissement, qui avoisinait 50% en moyenne, dépasse actuellement 70%. Sur les 3,7 milliards de DA de recouvrement, ATS a encaissé 3,2 milliards de DA. «Nous avons une très bonne assise financière», s’est félicité un responsable d’ATS joint par ITMAG.
Ces chiffres représentent une grande marge de progression pour ATS comparativement au marché des télécommunications. «Les entreprises de télécommunications terrestres et satellitaires enregistrent actuellement une progression timide de 1% et 2%. ATS est en train de faire une progression de 42% de chiffre d’affaires», a-t-on estimé.
Il est à relever, en outre, qu’en 2018, ATS reste active notamment dans le déploiement de services et solutions dans tous les domaines en enregistrant une évolution homogène de 18% dans le segment VSAT (technique de communication par satellite), 17,9% dans le domaine du GMPCS (communications personnelles mobiles mondiales par satellite) et 16% dans le domaine de la gestion électronique des flottes.
L’entreprise ne compte pas s’arrêter là et projette de poursuivre son élan de développement, en affichant un objectif des plus ambitieux celui de surpasser quatre fois le chiffre d’Affaires affiché en 2016, «pour arriver à le multiplier par quatre en 2019, et atteindre un chiffre d’affaires équivalant à 12 milliards de DA».

Le projet e-éducation et e-santé livré d’ici la fin 2019
Durant l’exercice 2018, ATS confirme sa dynamique commerciale initiée au cours de l’exercice 2017, avec des «progrès» enregistrés notamment en matière d’opportunités commerciales grâce «à la conquête de nouveaux clients d’envergures ainsi qu’à la maîtrise des charges».
En effet, l’entreprise publique est en train de conquérir de nouveaux segments d’envergure nationale tel que le lancement en 2018, «avec succès», du projet e-santé et e-éducation qui consiste à généraliser la connectivité via le satellite algérien de télécommunications Alcomsat-1 de l’ensemble des établissements de l’éducation et de la santé et dont «la livraison est prévue d’ici la fin 2019».
ATS est «en train de procéder à l’installation des équipements et de la plateforme numérique» et de former, dans ce sens, «1600 techniciens dans le secteur de l’Éducation, 400 autres dans la Santé et 2000 techniciens dans les Collectivités locales qui seront chargés des installations des équipements au niveau des établissements scolaires et de santé», a-t-on expliqué.
Pour ce qui est des équipements, l’Entreprise nationale des industries électroniques (ENIE) «a obtenu le marché pour la fabrication des accessoires de la solution relative au projet e-éducation et e-santé en attendant l’acquisition des équipements de télécommunications par satellite». Le projet est «en très bonne voie et les délais sont respectés», a-t-on fait valoir.
L’entreprise s’engage aussi à offrir un ensemble d’autres solutions, parmi lesquelles «la possibilité de télédiffuser par satellite du contenu pour chaque palier de l’Éducation sur des chaînes télévisées, ainsi qu’une chaîne dédiée pour les enfants et une autre pour la santé».
Pour rappel, l’année 2018 a été marquée par la réalisation avec succès du projet e-santé et e-éducation, inscrite parmi les principales priorités du ministère de la Poste, des télécommunications, des technologies et du numérique, et entrepris par ATS en faveur des secteurs de l’éducation et de la santé.
Ce projet de généralisation de la connectivité des établissements de l’éducation et de la santé s’est concrétisé par la mise en place d’un projet pilote d’interconnexion via un réseau local, reliant tous les établissements de l’éducation avec l’administration centrale, les élèves et leurs parents. Aussi dans le même registre, il vise à relier l’ensemble des acteurs de la santé sur tout le territoire national, avec la garantie de liaisons satellitaires de haute disponibilité et des applications de qualité au profit de l’ensemble des utilisateurs.
L’entreprise a ainsi démontré son leadership novateur, en réalisant avec succès, en novembre 2018 les premiers tests des projets e-éducation et e-santé, à l’école Othmane Ibn Afane et l’établissement public hospitalier 120 Lits d’Adrar, qui tous deux ont pu être interconnectés avec des établissements similaires dans le nord du pays, et ce par la fourniture de services d’interconnexion à large bande VSAT pour des applications de télécommunications.

De l’internet satellitaire pour le grand public en septembre
ATS s’affaire à concrétiser d’autres projets, comme le lancement «en septembre prochain» du service internet par satellite destiné aux particuliers. Cette offre résidentielle, qui est déjà disponible pour les entreprises, «a été maturée et toutes les validations ont été données pour son lancement en septembre prochain», a-t-on assuré auprès de l’opérateur public.
Dans ce sens, ATS a procédé à la signature d’un protocole d’accord concrétisé sous forme d’un contrat au courant de l’année 2018 avec le partenaire satellitaire YAHSAT, portant notamment sur «l’acquisition de capacités satellitaire qu’ATS est en mesure de fournir à ses nouveaux clients, pour la promotion de l’internet résidentiel par satellite en 2019».
Il a été également procédé à la signature d’un contrat à commande avec l’opérateur public en l’occurrence l’Agence spatiale algérienne (ASAL) pour «l’acquisition de liens satellitaire via le satellite algérien de télécommunications Alcomsat-1.

De l’internet aux passagers d’Algérie Ferries, Air Algérie et Tassili Airlines
Un autre projet visant à offrir de l’internet par satellite aux passagers de la compagnie maritime Algérie Ferries, ainsi qu’aux compagnies aériennes Air Algérie et Tassili Airlines est «en cours».
ATS est ainsi «en contact permanent» avec les compagnies maritimes et aériennes nationales pour la concrétisation de ce projet qui permet ainsi d’offrir de la voix et de la data satellitaire aux voyageurs.
«Nous attendons le feu vert pour offrir des services internet très haut débit et de la téléphonie par satellite aux passagers d’Algérie Ferries et des discussions sont en cours pour introduire ces mêmes services dans les avions d’Air Algérie et Tassili Airlines», a-t-on fait savoir auprès d’ATS.

Projet d’installation d’un million de Smart-chronotachygraphes
Sur un autre plan, un projet d’installation «de plus d’un million de chronotachygraphes intelligents ou Smart-chronotachygraphe «est en phase de finalisation avec le ministère des Transports».
«C’est un équipement qui sera installé dans le véhicule de transport (bus, camions, etc..) pour mesurer la vitesse et le temps de repos et de conduite entre autres, mais géré numériquement, depuis une centrale», a-t-on expliqué auprès d’ATS, ajoutant que «cette solution permet de suivre le véhicule, en ligne, et dès qu’il y a dépassement de vitesse, par exemple, il est automatiquement détecté».
«L’étude a été finalisée et le cahier des charges est prêt, il ne reste que le décret exécutif», a-t-on souligné, ajoutant qu’ATS a signé, dans ce sens, «plusieurs conventions dans le domaine de la gestion des flottes avec des entreprises sous-traitantes qui vont être chargés d’installer les balises GPS sur les véhicules».
Le projet de Smart chronotachygraphe «coûte environ 300 millions de dollars» contrairement à l’ancien projet de chronotachygraphe classique «qui lui dépasse les 1,3 milliard de dollars». Le boitier GPS qui sera installé dans les véhicules «sera entièrement fabriqué en Algérie», s’est-on réjoui.

L’expertise d’ATS pour accompagner des entreprises étrangères
ATS compte, par ailleurs, d’autres projets visant à accompagner des entreprises et organisations étrangères dans le domaine satellitaire à l’image du chinois Huawei (fournisseur de solutions numériques en terminaux, réseaux et Cloud), de Rascom (Regional African Satellite Communication) et de l’Organisation arabe des satellites de communications (Arabsat).
«Actuellement, Algérie Télécom Satellite est sollicitée par des entreprises étrangères à l’image de Huawei, Rascom et Arabsat afin de les accompagner dans le déploiement de services satellitaires», a-t-on indiqué.
Concernant Huawei, ATS a signé un protocole d’accord avec cette entreprise «afin de l’accompagner dans la commercialisation de ses produits à l’international, en apportant son expertise en matière de technologie satellitaire».
«Huawei possède une expertise dans le tous les domaines de télécommunications, mais pas dans celui satellitaire. L’entreprise, qui est déployée en Afrique, a sollicité ATS pour assurer ce volet au niveau du continent», a-t-on indiqué, affirmant qu’»ATS va vendre son savoir-faire à Huawei».
Pour ce qui est de Rascom (une organisation intergouvernementale panafricaine de 45 pays chargée de définir les services de télécommunications à bas coûts basés sur la technologie spatiale), «ATS est sur le point d’assister cette entreprise pour prendre le contrôle d’un des satellites Rascom, qui est géré actuellement par une entreprise italienne, et qui va être contrôlée prochainement par Algérie Télécom Satellite».
S’agissant d’Arabsat, ATS est en train d’accompagner cette organisation «pour dimensionner et implémenter les nouveaux satellites Arabsat».

Aménagement et modernisation du téléport de Lakhdaria
Par ailleurs, ATS a été chargée de l’aménagement et modernisation du téléport de Lakhdaria, créé en 1975 et qui permet aux stations du territoire national d’être connectées au monde entier. Son emplacement géographique lui permet de desservir une zone très étendue allant de l’Asie aux Amériques».
L’entreprise a procédé, notamment, au nettoyage, pour la première fois depuis 1975, des immenses paraboles composant ce téléport, et ce «par ses propres moyens techniques et financiers «.
Le projet comporte aussi la construction entre autres d’une salle d’exploitation réseau, à partir de laquelle s’exerceront à la fois la surveillance et le contrôle du réseau ainsi que les plateformes techniques. Il comprend également la construction d’un bloc dédié à la recherche et au développement ainsi que d’un musée à l’effigie des télécommunications satellitaires.
Il et à rappeler que dès 1974, l’Algérie a adhéré à INTELSAT (International Télécommunications Satellite Consortium). Dans ce cadre, il a été concrétisé la réalisation du Téléport de Lakhdaria en 1975. Ce Téléport est considéré comme un nœud via lequel n’importe quelle station du territoire national peut être connectée au monde entier. Son emplacement géographique lui permet de desservir une zone très étendue allant de l’Asie aux Amériques. Il est équipé de trois grandes antennes satellites à grandes portées qui lui permettent de couvrir la totalité du territoire national en matière de communication téléphonique, Internet haut débit et communication sécuritaire.
Depuis son rattachement à Algérie Télécom Satellite en 2006, et au vu du rôle manifeste qu’occupe ce centre dans les télécommunications spatiales en Algérie, l’entreprise n’a eu de cesse de travailler à la poursuite de l’essor et du développement de ce site de haute technologie, favorable pour les transmissions et couvrant l’ensemble du territoire national, en téléphonie, Internet et autres transmissions télévisuelles, cela autant par le biais des innovations technologiques que par celui de la rénovation des Infrastructures, selon le site internet d’ATS.
ATS dispose d’unités géographiquement éloignées, implantées sur tout le territoire national, avec des centres de compétences au niveau d’Alger, Oran, Constantine, Sétif, Annaba, Béchar, Ouargla et Tamanrasset. L’entreprise a procédé en 2018 à l’ouverture d’une agence commerciale située au niveau d’Alger (Said Hamdine), et d’une autre dans la région de Hassi Messaoud et projette, en 2019, l’ouverture de nouvelles agences commerciales dans les régions d’Illizi et Adrar, avec pour volonté toujours, d’être au plus près de ses clients.
Il est, par ailleurs, relevé que vu ses performances, ATS s’est vue accroitre son capital social, affichant une augmentation de capital, comparativement aux deux précédentes années, passant ainsi d’un capital social de 2 000 000 000,00 DA à 54 000 000 000,00 DA.
L’entreprise opère dans le domaine des télécommunications par satellite. Elle exploite également 2 licences en VSAT et GMPCS ainsi qu’une autorisation d’exploitation de géolocalisation. Son ensemble de plateformes au niveau du Téléport de Lakhdaria (VSAT, DVB-RCS, iDirect S2, SCPC), IP phone, Visioconférence, Géolocalisation), lui permet d’offrir à ses clients une multitude de solutions en matière de télécommunications et services par satellite.
Principal fournisseur de solutions VSAT en Algérie, ATS dispose aujourd’hui de plus de 4 000 stations VSAT déployés sur le territoire national et à l’étranger auprès des représentations diplomatiques algériennes. Partenaire d’INMARSAT, ATS est également un PSA (Point of Service Activation) exclusif d’activation des services INMARSAT de troisième et quatrième génération en Algérie.
Le portefeuille clients de l’entreprise est composé principalement d’institutions, d’opérateurs de télécommunications, d’entreprises publiques et privées, de fournisseurs de services et d’établissements financiers à qui elle propose des solutions satellitaires «fiables», avec une couverture mondiale adaptée à leurs besoins et demandes, notamment en ce qui concerne le cœur de métier de l’entreprise à savoir le développement de réseaux spécifiques ou d’autres projets plus complexes.

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